Contre la précarité et le chômage, réduction du temps de travail pour tou-te-s !

Au-delà des attaques sur le décret de 1950, pour la qualité du service public, imposons d’autres choix.
mardi 5 décembre 2006

Une « réforme » du décret de 1950 fixant le service des enseignant-e-s du second degré est en chantier. Elle va dans le sens d’une dégradation du service public, c’est la raison pour laquelle nous devons la combattre. C’est aussi l’occasion pour SUD de se démarquer du conservatisme syndical qui s’arque-boute sur un fonctionnement devenu inadapté aux défis actuels : battons-nous pour une vraie réforme du statut des enseignant-e-s et de tou-te-s les collègues, qui améliore les conditions d’étude des élèves comme nos conditions de travail. Voici quelques propositions du Collectif d’Animation de SUD Rhône, pour lancer le débat.

Pour créer des emplois, 32 heures (sans annualisation ni flexibilité), c’est le maximum hebdomadaire pour tou-te-s les salarié-e-s, donc pour tout le personnel du ministère de l’Education Nationale, qu’il soit enseignant ou pas. Pour les collègues victimes des 35 heures version « gauche plurielle », nous devons imposer la fin de l’annualisation et de la flexibilité, et une réduction supplémentaire des services, sans perte de salaire. Pour les enseignant-e-s, de la maternelle à l’université, il faut intégrer dans le temps de travail l’ensemble des missions actuelles (préparations, cours, corrections, travail administratif, réunions, suivi des élèves, soutien, rencontres avec les parents...), et y ajouter la concertation et la formation.

On doit ménager au moins trois demi-journées hebdomadaires consacrées librement au travail à l’extérieur ou aux loisirs, et donc organiser l’emploi du temps de la semaine sur 7 demi-journées maximum. Elles se décomposeraient comme suit...

Heures devant élève(s) 12 à 15 heures maximum

Heures de travail collectif : réunions, concertation, formation, concentrées sur des temps en dehors de la présence des élèves, 3 à 5 heures.

Heures de travail personnel : préparation, correction, travail administratif, suivi des élèves, rencontre des parents et des partenaires...) 6 à 9 heures sur place, seulement si les conditions matérielles le permettent (le reste, au besoin, à l’extérieur).

Pour les collègues qui suivent une formation continue sur l’année, qui poursuivent des études ou font de la recherche, qui ont un enfant de moins de trois ans, qui travaillent sur deux établissements, qui exercent une responsabilité en lien avec leur travail, etc. : décharge hebdomadaire de 2 à 4 heures devant élève(s), accès privilégié, pour une période de 5 ans, aux postes réputés plus tranquilles.

Pour SUD, cette nouvelle organisation doit permettre de recruter de nombreuses/eux titulaires dans tous les corps de métiers, en priorité par la titularisation sans concours des actuel-le-s collègues précaires. Dans cette organisation, qui permet aussi la mise en place d’un statut unique pour les enseignant-e-s, de la maternelle à l’université, les heures supplémentaires ne peuvent pas être imposées, et doivent disparaître. Elle doit s’accompagner d’une réduction du nombre d’élèves par classe (16 en maternelle et en ZEP, 20 partout ailleurs), d’une réforme des programmes et des méthodes, de véritables améliorations des conditions de travail. Elle implique, en particulier, de systématiser le partage des classes entre deux enseignant-e-s en élémentaire.

Surtout, on ne pourra jamais demander aux enseignant-e-s de passer davantage de temps dans leur établissement sans améliorer enfin leurs conditions de travail. Si les conditions de travail de tou-te-s doivent être améliorées, en priorité celles des OEA, celles des enseignant-e-s doivent l’être aussi. Chaque enseignant-e doit disposer d’un bureau personnel meublé sur son lieu de travail, avec du matériel informatique moderne (dont la maintenance sera régulièrement assurée par des professionnel-le-s), l’accès à internet haut-débit, une ligne téléphonique professionnelle, des crédits pour constituer une vraie bibliothèque pédagogique. Du matériel en bon état doit être à disposition dans chaque classe (rétroprojecteurs, vidéoprojecteurs, téléviseurs, ordinateurs, livres, etc.). Il doit devenir possible de faire l’essentiel de son travail sur place. Cela implique aussi la mise en place d’une véritable prise en charge pour les enfants en bas âge (ou autre personne dépendante) : la garde doit être entièrement à la charge de l’employeur. Les frais de déplacements professionnels devraient également être remboursés.

D’autres mesures sont indispensables, et en particulier... Traitement spécifique de l’éducation prioritaire : diminution du nombre maximum d’heures devant élève(s), deux enseignant-e-s en permanence avec chaque classe, limitation à 16 élèves par classe, formation et accompagnement de qualité, budgets suffisants pour des projets pédagogiques ambitieux... Réforme du mouvement, disparition des postes à profil, de l’inspection, de la notation. Augmentations de salaire en points d’indice pour réduire l’échelle des salaires par le haut : personne à moins de 1500 euros nets par mois. Disparition de la hors-classe par une revalorisation salariale des derniers échelons. La lutte pour une retraite pleine et entière à 37,5 annuités pour tou-te-s doit être intégrée dans ce chapitre, de même que l’abandon de la décentralisation Raffarin et le retour des MI/SE. De vrai-e-s titulaires remplaçant-e-s disponibles en permanence dans tous les corps de métier (abandon des remplacements à l’interne), des enseignant-e-s en surnombre partout pour prêter main forte, dédoubler, remplacer. En ce qui concerne les services partagés : au pire 2 demi-postes sur deux établissements situés à moins de 30 minutes l’un de l’autre. La formation continue devrait être obligatoire, prévue dans le temps de service, avec remplacement dès la première heure. Les syndicats doivent pouvoir animer directement une part importante de la formation initiale et continue.

Une telle réforme implique un effort financier de la collectivité. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement destiné à assurer tout simplement l’avenir de notre société. Il sera plus efficace, en terme de lutte contre le chômage, que les saupoudrages dispendieux auxquels on cherche à nous habituer.


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