Violences à l’école : quelle politique de prévention ???

Après l’enseignante victime de "happy slapping" à Porcheville, un enseignant poignardé à la CSI de Lyon...
lundi 5 mars 2007

Lorsqu’un élève est reconnu responsable d’agression sur un enseignant, la justice le punit sévèrement. C’est ce que propose le Procureur suite à l’agression filmée ("happy slapping") d’une enseignante des Yvelines. Quelques jours après son réquisitoire, un élève envoie un coup de couteau à un enseignant de la Cité Scolaire Internationale de Lyon. Ces événements ne doivent pas être pris à la légère, ni instrumentalisés.

En dehors des faits divers qui font la une des journaux, la souffrance quotidienne de nombreux élèves, et de nombreux collègues, est déjà intolérable.

S’il faut que les coupables soient jugés, l’essentiel reste d’éviter à tout prix qu’on en arrive à la violence, physique ou verbale, dans la relation éducative. Or, que propose l’institution en matière de prévention des violences scolaires ? Quasiment rien.

On va avoir droit aux grands discours ministériels, qui feront écho à ceux du ministre du travail devant les cadavres des deux inspecteurs fusillés par un agriculteur. Mais la réalité, derrière les discours larmoyants et les promesses, c’est...

- La diminution des moyens en vie scolaire.

- Les surveillants "remplacés" par des précaires.

- Les conditions de travail qui se détériorent pour tou-te-s (polyvalence, horaires accrus, classes trop chargées...).

- L’insuffisance dramatique des moyens pour la formation, la concertation, le travail en équipe, les projets pédagogiques.

- Une école publique déboussolée, dont le sens et les missions ne sont plus reconnues.

- Une gestion des établissements qui place adultes et élèves en concurrence, au lieu de développer la solidarité et la coopération à tous les niveaux. Les familles deviennent des clientes de l’école, au lieu d’en être les partenaires.

- L’absence de solution probante pour les élèves en très grande difficulté scolaire.

- La violence de l’institution scolaire qui trie les élèves sans pouvoir les accueillir dans leur singularité, et la violence accrue de l’exclusion sociale, qui n’excuse pas le passage à l’acte, mais renforce les tensions.

C’est vrai que la prison, à court terme, coûte moins cher que l’école. Mais elle fait des dégâts qui ont des répercussions terriblement coûteuses humainement, socialement, économiquement...

La politique actuelle de libéralisation du service public d’éducation renforce la violence scolaire, et veut y répondre par la police, la vidéosurveillance, la prison et l’armée. Les sociétés qui inspirent ces politiques (USA...) sont-elles des modèles de démocratie, de justice sociale, de fraternité ?

Quelques enseignants poignardés, c’est le prix qu’il faudrait payer pour toutes les économies réalisées sur le dos de l’école publique. Ca fait surtout monter Sarkozy dans les sondages : tout le monde n’est pas perdant à ce jeu-là.

Contre la "violence à l’école", développons la qualité du service public, favorisons une véritable prévention, construisons une autre école, et une autre société !


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