Casse de la sécu : "c’est toujours nous qui paie"...

Pour faire du social, taxons le capital...
mercredi 12 octobre 2005

Forfait de 18 euros pour certains actes médicaux, suppression de l’aide médicale aux sans-papiers, consultations à 1 euro,
médicaments déremboursés... Les mesures gouvernementales, qui consistent à faire payer davantage la population, pénalisent un peu plus les pauvres et les malades, préservent les riches, et ne résolvent rien.

Le fameux "trou de la Sécu" est estimé à 11 milliards d’euros, mais la sécu devrait bénéficier de recettes dont elle ne voit pas la couleur...

Les chiffres qui suivent sont issus du rapport des comptes de la Sécu pour 2003 :

- 7,8 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes sur le tabac
- 3,5 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes de l’alcool
- 1,6 milliard non reversés à la Sécu des assurances auto pour les accidentés de la route
- 1,2 milliard non reversé à la Sécu de la taxe sur les industries polluantes
- 2 milliards de TVA non reversés à la Sécu
- 2,1 milliards de retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés
- 1,9 milliard de retard de paiement par les entreprises ... etc...

On arrive à un total officiellement chiffré à 20,1 milliards d’euros non-versés (quasiment deux fois le déficit !).

C’est le gouvernement qui garde l’essentiel de cet argent... pour acheter des avions de guerre, par exemple. Ou des flash-balls. Ou pour subventionner des entreprises qui vont délocaliser 6 mois plus tard.

La faiblesse de l’éducation à la santé dans le système scolaire français, et de la médecine scolaire et universitaire en général, est une absurdité qui coûte finalement très cher à la société.

On sait pourtant qu’en terme de santé, c’est la prévention, et la prise en charge très rapide des pathologies, qui permettent de maintenir les gens en bonne santé sans que ça coûte trop cher. Investir dans la santé ou l’éducation aujourd’hui, c’est éviter des problèmes (et de grosses dépenses) demain.

C’est ce que permettrait la sécu, si elle fonctionnait réellement au bénéfice de la population, et non pas au bénéfice des assureurs privés, des pseudo "mutuelles" qui boursicotent avec les cotisations, ou des labos pharmaceutiques.

Sortons de cette idéologie financière individualiste, réinventons la sécurité sociale solidaire. C’était possible en 1945, dans un pays ruiné par la guerre, et ce serait devenu impossible aujourd’hui, alors que notre pays n’a jamais été aussi riche ? Pour faire du social, taxons le capital !


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