Appel de la coordination nationale lycéenne, étudiante et salariée de Lyon (8 et 9 avril)

mercredi 12 avril 2006

Les 3 millions de jeunes, de salariés du public et du privé, les
sans-papiers et tous les précaires qui ont manifesté et fait grève le 4
avril, les nombreuses actions menées cette semaine témoignent de
l’amplification du mouvement contre la précarité et notamment contre le
CNE et la loi sur « l’égalité des chances » (LEC). La mobilisation
continue, bien que l’intersyndicale n’ait pas encore annoncé de suites au
4 avril. Nous ne nous sommes pas laissé tromper par les manoeuvres
gouvernementales, qui visaient uniquement à gagner du temps.

Si le gouvernement supprime la loi dite sur « l’égalité des chances » et
le CNE, ce sera une première victoire pour le mouvement. Cela montrera que
le rapport de force est en notre faveur. Il faudra alors profiter de la
brèche ouverte pour imposer, avec les salariés, les sans-papiers et les
précaires, nos autres revendications. L’ensemble de la LEC (apprentissage
à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans, suppression des allocations
familiales sous des prétextes divers, stages dans la police et l’armée
pour les jeunes considérés comme de futurs délinquants...) constitue une
attaque contre la jeunesse, les pauvres et les travailleurs.

Mais nous refuserons toute manoeuvre du gouvernement qui viserait à
remplacer le CPE par un CPE bis réservé aux jeunes et marqué une nouvelle
fois du sceau de la précarité. De plus, nous ne croyons que ce que nous
voyons. Actuellement, loin d’être dénaturé, le CPE est entré en vigueur :
dans l’aménagement proposé par Chirac, le patron n’a toujours pas à
justifier le licenciement, mais simplement à en signaler la raison. La
période d’essai, même ramenée à un an, reste la promesse de la précarité à
vie : après le CNE et le CPE, le gouvernement nous prépare le Contrat de
Travail Unique.

Il n’y a pas de négociation possible sur ces bases, nous exigeons le
retrait total de la LEC et du CNE. La Coordination Nationale de Lyon
rappelle par ailleurs qu’au-delà de ces revendications, elle déplore tous
les projets allant dans le sens d’une accentuation de la précarité, et
notamment le projet de loi CESEDA qui considère les immigrés comme des
êtres humains jetables.

Persistant dans la brutalité caractéristique du gouvernement, le
ministre de l’éducation a décidé de mettre fin à la grève en usant de tous
les moyens à sa disposition : chantage aux examens, fermetures
administratives des facs et déblocages des lycées et des universités par
la force. À cette pression sur les étudiants, les lycéens et les
personnels, s’ajoute une répression policière toujours plus massive. Le
ministère annonce 5000 arrestations en fin de semaine. Les comparutions
immédiates se multiplient et aboutissent à des sanctions lourdes (TIG,
amendes, prison ferme). Nous dénonçons également la répression croissante
des mouvements sociaux, et exigeons l’amnistie de nos camarades inculpés.
Ces attaques ne font que renforcer notre détermination.

Nous voulons la réouverture des facs fermées administrativement, nous
exigeons que nul étudiant ou lycéen ne soit pénalisé d’aucune manière que
ce soit en raison du mouvement de contestation dans les lycées et
universités. Nous réaffirmons que le gouvernement, par son immobilisme et
la stratégie de pourrissement qu’il a adoptée, porte l’entière
responsabilité de la situation délicate que connaissent aujourd’hui les
universités. Dans ce contexte, nous demandons à la Conférence des
Présidents d’Université de s’assurer que les examens de second semestre ou
de fin d’année ne porteront pas sur des enseignements qui auraient été
délivrés pendant toute la période de mobilisation étudiante. Pour le
reste, nous affirmons la souveraineté des Assemblées Générales locales
qui, seules, sont aptes à discuter avec leur président d’université des
modalités d’examen.

Notre priorité absolue est de contribuer à la mobilisation des
travailleurs : c’est maintenant le moment d’y aller tous ensemble. Il faut
convaincre directement, par des diffusions de tracts, des discussions et
des assemblées générales jeunes/salariés que le seul moyen de gagner sur
nos revendications, c’est la grève générale reconductible. Nous appelons
les salariés à ne plus attendre un premier secteur qui se mettrait en
grève pour entraîner les autres : ce secteur, c’est la jeunesse en lutte
depuis deux mois. Dans cette perspective et pour franchir une nouvelle
étape dans la mobilisation, nous appelons les syndicats à rompre
immédiatement toute négociation et à appeler immédiatement à des
manifestations régionales et à la grève générale jusqu’à satisfaction de
nos revendications.

Les étudiants et lycéens mobilisés doivent donner confiance aux
salariés. Pour cela, il faut avant tout que le mouvement, la grève et les
blocages se poursuivent, même là où les vacances débutent. Il faut aussi
multiplier les actions communes avec les salariés et les équipes
syndicales, sans oublier les manifestations massives.

Nous appelons donc dès maintenant les salariés et leurs organisations à
tenir des AG en vue d’élire des délégués pour la prochaine Coordination
Nationale Unitaire. Le rapport de force que nous construisons permet
d’obtenir aussi des victoires rapides sur le plan local. Nous soutiendrons
toutes les revendications des salariés et des précaires en lutte. Le
mouvement que nous construisons est capable, après des années de défaites,
d’inverser la balance, de changer le rapport de force : gagner sur nos
revendications, en finir avec ce gouvernement, c’est possible. Avec l’aide
des syndicats locaux qui y appellent déjà, nous ferons du 11 avril un
succès.

Nous appelons dès maintenant les jeunes, les sans-papiers, les
précaires, les salariés et leurs organisations à manifester et à faire
grève à nouveau le 18 avril. Nous souhaitons que cette journée puisse
donner lieu à des débats et des AG unitaires où étudiants, salariés,
sans-papiers et précaires puissent ensemble se donner des perspectives de
lutte.

Coordination nationale lycéenne, étudiante et salariée de Lyon


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