" Gardiens de la paix " ???

Témoignage d’une intervention policière au lycée Faÿs de Villeurbanne, le 24/03
vendredi 24 mars 2006

Ce matin très tôt (5h30) et comme prévu (tout le monde le savait), les lycéens ont bloqué l’entrée du lycée Faÿs à Villeurbanne à tous les personnels et lycéens, pacifiquement et dans une ambiance détendue. Personne n’a voulu entrer ; ni personnel, ni éventuels lycéens désireux de suivre des cours, ni même 5 candidats à la VAE venu passer leur examen : respect commun pour la sagesse, la détermination, le calme et le courage des élèves.

Ils n’ont de fait, empêché personne de travailler, de toute façon, sans lycéens, dans un lycée... nous étions bien mieux dehors, même sous la pluie.

Le proviseur (non autorisé par le Rectorat à fermer son établissement) a appelé la police.

Des personnels se sont mis en protection devant les gamins (une douzaine ?) lorsqu’ils ont vu débarquer plusieurs cars avec des policiers nationaux en surnombre, surarmés, casqués, bottés (comme des CRS, mais ce ne sont pas des CRS. Apprenez ces petites subtilités en venant protéger vos élèves). D’autres se sont approchés des fonctionnaires de police pour leur demander, le plus poliment du monde, ce qu’il avaient l’intention de faire.

En enfilant casques, bottes, matraques, boucliers etc. ils leur ont répondu qu’ils allaient "pousser les lycéens gentiment". Ce à quoi les personnels ont rétorqué « eh bien nous les protègerons gentiment » rejoignant leurs collègues placés devant la douzaine de lycéens.

Une douzaine de fonctionnaires de l’ éducation nationale devant une douzaine de lycéens devant une grille. Aucun « casseur », aucun « provocateur », aucune invective, aucun geste déplacé. Quelques simples appels, véhéments mais polis à la raison.

Ils nous ont chargés.

Certains d’entre-nous ont été molestés, blessés (lycéens, personnels). Ils ont menacé physiquement des enseignants expérimentés qui ont osé leur signifier leur brutalité.

Une fois la tâche des gardiens de la paix accomplie, aucun des personnels présents (ouvriers, personnels administratifs, d’éducation, enseignants, y compris le facteur venu livrer un colis qui est parti en exprimant sa honte), n’a voulu pénétrer dans un lycée ouvert par la police piétinant leurs élèves et leurs collègues.

Les gardiens de la paix ont gardé une porte ouverte par laquelle personne ne voulait passer.



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