Lycéens mal informés ?

Les lycéen-ne-s indépendant-e-s préparent un document d’info
vendredi 1er avril 2005

En avant-première, vous pouvez juger du niveau de "désinformation" et du "manque d’esprit critique" des lycéen-ne-s en lutte !

« Les lycéens sont au mieux mal informés »
François Fillon... AH BON ?

Dans le souci de répondre aux attaques du ministre et des médias laissant entendre que nous ne sommes que des ignares manipulés et incapables de produire une argumentation valable sur le projet de loi Fillon, des lycéens indépendants mobilisés depuis plusieurs semaines se sont réunis en vue d’analyser ce texte ; le but étant d’informer les lycéens, les parents et plus largement tout ceux qui se préoccupent de l’avenir de notre système éducatif.

UNE REFORME TRÈS IDEOLOGIQUE :

Pour bien comprendre la réforme il faut revenir à ses origines. En 2000, sept organisations patronales européennes, dont le MEDEF, ont publié un rapport sur l’éducation scolaire. Le rapport stipule que :
- « Les employeurs ne veulent pas d’une éducation commune de haut niveau pour tous. »
- « L’enseignement primaire doit assurer une série de cursus diversifiées en vus d’obtenir une offre de travail différenciée et stratifiée. »
- « Les établissements d’enseignement supérieur doivent être mis en concurrence. »

C’est à partir de ces observations que la réforme de l’éducation a été créé. Ces observations sont en d’autres termes les critiques patronales à l’égard du système scolaire. Le but du gouvernement est d’adapter l’école à la situation économique mondiale. Il faut que l’école soit un outil pour répondre aux besoins de l’ économie, c’est à dire aux besoins des entreprises. Nous devons : « devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable. »

LES APPLICATIONS PRATIQUES DE LA REFORME :

Pour parvenir à adapter l’école aux besoins de l’économie et donc aux profits, les réformes de M. Fillon proposent une transformation complète de l’école : bouleversement des finalités éducatives, redéfinition restrictive du service publique de l’éducation, redéfinition des missions du personnel. Malgré un texte de rhétorique gouvernemental restant flou et permettant de nombreuses applications sous jacente nous pouvons dégager plusieurs points critiquable :

1) ELLE AGGRAVE LES INEGALITES DU SYSTEME SCOLAIRE :

..- En développant la pratique du contrôle continu pour le baccalauréat, la loi Fillon, sous prétexte d’économies, va renforcer les inégalités entre lycées. Le diplôme du bac n’aura plus la même valeur selon l’établissement où il a été obtenu puisque les inégalités déjà existantes font que tous les lycées n’ont pas le même prestige. Cette mesure renforcera par ailleurs la pression exercée sur les élèves qui voudront en permanence avoir un comportement irréprochable face au prof qui leur discernera une note comptant à vie.

- En imposant un socle commun qui permettra juste aux jeunes en difficulté de rentrer sur le marché du travail et ainsi d’être éjecter du système scolaire avec une soi-disant qualification. On peut noter dans ce socle l’absence de discipline épanouissante réserver à l’élite qui continuera ses études.

- En instaurant des bourses aux mérites qui valoriseront le travail et les bons comportements plutôt que de les attribuer aux élèves en difficultés économiques.

- En créant une orientation en 5ème qui enverra les jeunes en difficultés dans une classe de 4ème en alternance.
Le but étant de recycler les défavorisés le plus rapidement possible dans le monde du travail et ainsi qu’une main d’œuvre malléable et déqualifiée( donc moins payée ) soit à la disposition des patrons.

2) ELLE RENFORCE LES LIENS ENTREPRISES ECOLES :

- En réformant le lycée professionnel où les meilleurs pourront désormais passer le bac en 3 ans au lieu de 4 mais n’auront plus la possibilité de rejoindre une filière technologique. Les BEP seront transformés en CAP car il coûte moins cher à l’employeur.

- En introduisant des cours au collège intitulés « découverte de l’entreprise » qui seront assurés par des patrons ou des cadres. On peut prévoir que ces cours n’incluront aucune critique de la vie en entreprise et seront simplement destinés à vendre les soi-disant mérites du travail.

- En spécialisant les bacs généraux dans ce qu’ils ont de particuliers. Par exemple il est prévu de renforcer l’enseignement des maths en S et de créer une matière gestion de l’entreprise en E.S. Les enseignements dispensés seront plus pointus ne permettant pas le même éventail d’orientation pour les études supérieures.

3) ELLE RESTREINT LE BUDGET DE L’EDUCATION NATIONALE :

En supprimant des postes ( Fillon annonce la création 150000 postes mais oublie de signaler que dans le même temps 175000 profs partent à la retraite ), des classes et des options trop coûteuse ( chinois, art ...) c’est à dire en proposant aux jeunes une éducation industrielle et peu diversifiée, le gouvernement affiche son manque d’intérêt pour l’instruction et l’épanouissement des lycéens. Il cherche à faire des économies au dépens de l’esprit critique et de l’ouverture sur le monde.
En supprimant les TPE (travaux pratiques encadrés) : Fillon annonce que les classe de langues seront ainsi dédoubler se qui n’est qu une vaste supercherie. En efet ni le budget (deja voté) ni les dotations horaire(deja voté aussi) ne permetent un réel dedoublement des classes de langues ...Ainsi par l annonce de la supretion des TPE et de leurs emplacement par le dedoublement des classes de langue le gouvernement réalise une économie grandiose ....sur la qualité de l’enseignement apporté (les tpe etaient un excelent moyen de découvrit le mode de fonctionement de la fac )

QUELLE ECOLE POUR QUELLE EDUCATION ?

Face à une réforme voulant substituer l’économie à la connaissance, la réussite individuelle à l‘égalité des chances, le formatage à l’esprit critique... il nous paraît indispensable de rappeler ce que pour nous doivent être les pistes de travail pour l’amélioration du système éducatif. Nous considérons l’école comme un levier de transformation et d’amélioration sociales, en aucun cas nous pensons que son rôle est de reproduire des conditions propices au bon déroulement de l’économie marchande. L’école doit instruire les élèves afin que ceux-ci puissent acquérir les armes pour comprendre le monde dans lequel ils vivent. Ce qui nous est proposé aujourd’hui c’est une école qui se contente de faire de nous des enfants du peuple, des producteurs efficaces, des consommateurs adaptables et des citoyens heureux de vivre dans le monde actuel.
Nous voulons une éducation qui garantisse un haut degré de compréhension des problématiques sociales, économiques, politiques, scientifiques, technologiques et culturelles et non une éducation privilégiant l’insertion, l’accès à l’emploi, le respect de valeurs patriotique.

Avant même cette réforme les motifs de révolte et d’indignation étaient déjà nombreux. La réforme Filon, si elle est appliquée, ne fera qu’aggraver tous les problèmes déjà rencontrer quotidiennement par les élèves et le personnel de l’éducation nationale. Dans beaucoup de collèges et lycées, le manque de moyens et de profs étaient un sujet d‘inquiétude bien avant ce projet de loi, et l’école a toujours reproduit les inégalités et a toujours servi l’économie et les patrons. Elle n’a jamais eu d’autres fonctions que de préparer l’individu à jouer un rôle positif et conservateur dans le fonctionnement du système marchand.
- Si nous combattons la loi Fillon nous combattons l’Ecole actuelle.
La loi Fillon n’est qu’une nouvelle réforme libérale du gouvernement. Elle s’inscrit dans la continuation du processus de casse du service public, de précarisation des travailleurs, de restriction des libertés.
- Si nous combattons la loi Fillon, nous combattons aussi la politique du gouvernement.


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