LES MINIMAS SOCIAUX, MÊME EN PRISON

samedi 24 septembre 2005

Tout le monde le sait : ce sont surtout les pauvres qu’on met en
prison. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que l’univers
carcéral accentue la précarité de ses " hôtes ", et produit son
indigence propre. Aujourd’hui, faute de revenus, 60% des détenus
vivent en France en dessous du seuil de pauvreté carcéral ; ceux
qui travaillent ne perçoivent qu’un salaire dérisoire ; la plupart
sont contraints à l’inactivité ; beaucoup sont exclus des
prestations sociales courantes et tributaires d’aides extérieures
extrêmement inégales. Cette précarité propre aux prisons achève de
rendre la vie carcérale dégradante, injuste et dangereuse : elle
menace la santé et l’intégrité physique des détenus ; elle crée et
renforce des injustices judiciaires et sociales, elle fragilise sa
famille et ses proches.

URL : http://prison.eu.org/article.php3?id_article=21

1. Dommages sanitaires. Sans revenus, les détenus ne peuvent ni
renouveler les produits d’hygiène alimentaire que l’administration
pénitentiaire est censée leur procurer, ni compléter l’alimentation
de base qu’elle fournit. A ce titre, la précarité carcérale
constitue un risque sanitaire : elle empêche les détenus de prendre
soin d’eux-mêmes et aggrave les effets des pathologies lourdes,
particulièrement fréquentes en prison, comme le SIDA ou l’hépatite C.

2. Délinquance et insécurité. L’absence de revenus en prison est
par ailleurs un facteur d’insécurité pour les détenus. Le manque de
ressources entraîne trafics, rackets et prostitution. Les plus
pauvres se trouvent par là même surexposés aux sanctions
disciplinaires, aux violences physiques et aux pratiques à risques.

3. Inégalités judiciaires. La précarité propre à l’univers carcéral
crée par ailleurs des inégalités judiciaires : l’absence de revenus
rend plus difficile l’aménagement des peines, qui exigent des
garanties d’emploi et de logement et un effort actif
d’indemnisation des victimes. Les détenus pauvres sont, en outre,
pénalisés pour assurer leur défense dans les meilleures conditions.

4. Désinsertion sociale. La précarité qui prévaut en prison
contribue largement à l’exclusion des détenus et contredit
l’objectif de réinsertion affiché par l’administration
pénitentiaire : incapables, pendant la détention, de faire face à
leurs charges extérieures (emprunts, loyers), ils ne peuvent plus
dès lors soutenir leurs proches, sanctionnés et pénalisés à leur
tour et risquent de se retrouver sans ressources à leur libération.
Il ne faut donc pas s’étonner que le taux de récidive culmine dans
les mois qui suivent la sortie de prison.

5. Cherté de la vie carcérale. Il faut se défaire du mythe d’un
détenu " nourri, logé et blanchi " dont les besoins seraient
couverts par l’administration pénitentiaire. Pour être plus
supportable, la vie carcérale coûte cher : le prix des marchandises
y est parfois deux fois plus élevé qu’à l’extérieur et le
développement en cours des prisons privées accusera davantage ce
phénomène.

Le système actuel doit être remis en question : rares et
inégalitaires, le travail carcéral et les aides extérieures ne
peuvent plus être les seules ressources en prison.

C’est pourquoi nous demandons que toute personne incarcérée ait
droit, du premier au dernier jour de son incarcération, à un
minimum de ressources personnelles, ce minimum étant constitué soit
par le maintien de ses droits (minima sociaux, notamment RMI), soit
par l’ouverture pendant l’incarcération des droits sociaux auxquels
elle aurait pu prétendre avant l’incarcération, soit par des
prestations particulières lui donnant droit aux mêmes minima
pendant toute la durée de son incarcération et l’articulation de sa
sortie.

Les premiers signataires sont :
AC ! (Ensemble contre le chômage), AIDES, Act Up Paris, GENEPI
(Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes
Incarcérées), GMP (Groupe Multiprofessionnel des Prisons), Ligue
des Droits de l’Homme, OIP (Observatoire Internatiuonal des
Prisons- section française), Syndicat de la Magistrature
Ont rejoint la plateforme :
APEIS, Chrétiens et SIDA, Sud Education, CGL (Centre gay et
lesbien), la CNT, Le MRAP, la FARAPEJ, L’OBSERVATOIRE DES USAGERS .

POUR LES ASSOCIATIONS DESIRANT SIGNER CETTE PLATEFORME LES
SIGNATURES SONT A APPORTER PAR FAX OU COURRIER AU LOCAL D’ACT UP .

— - PRISON.EU.ORG est un site de Ban Public


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