L’été pourri de Sarkozy contre les jeunes et les enfants de sans papiers

Une politique inhumaine et liberticide.
dimanche 18 septembre 2005

Réseau éducation sans frontière (RESF) : Dossier de presse de septembre 2005

Tous les étés sont l’occasion de mauvais coups. Mais l’été 2005 a dépassé ce qu’on pouvait craindre de pire. C’est
vrai pour le démantèlement du Code du travail que ce gouvernement en manque de légitimité nous a asséné par
ordonnances. C’est aussi vrai en matière d’immigration.

Cet été, ce sont deux décrets écartant de fait les sans-papiers de l’accès à l’aide médicale d’état (AME). C’est la
fin du « principe déclaratif », les sans-papiers devront désormais faire la preuve de leur identité et fournir des
documents attestant de leur présence depuis plus de trois mois. Quoi de plus simple quand on est sans papiers ! Ces
restrictions commencent déjà à provoquer de sérieux problèmes de santé publique.

Cet été, c’est l’entrée en action de la Police de l’immigration, chargée de mettre en œuvre l’objectif des 25 000
expulsions annuelles. Cela s’est aussitôt traduit par des rafles dans les foyers, dans les quartiers populaires : à Paris,
Stalingrad, Ménilmontant, la Goutte d’Or... A Nantes, la police a ciblé un café fréquenté par les Kurdes.

Cet été, ce sont des enfants arrêtés dans les centres de loisirs pour faciliter l’expulsion des parents. Ce sont des
enfants enfermés dans les centres de rétention, comme ceux de Mme DIABY, nés tous trois en France et âgés de 2
à 5 ans, libérés après 22 jours de tracasseries et d’angoisse. C’est l’application du décret pris au printemps, cadeau
de départ de Raffarin, introduisant le matériel de puériculture ( !) dans les centres de rétention : au revoir les
enfants ! Ce sont les expertises osseuses sur les mineurs isolés, examen qu’on sait non fiable scientifiquement, pour
décréter que le mineur est majeur et l’expulser. Cet été, pour Nourredine, lycéen dont toute la famille réside en
France, c’est un mois d’août passé en rétention en guise de vacances scolaires. Pour Guy, contraint d’arrêter le lycée
et de travailler pour faire vivre sa compagne et qui est toujours en rétention, c’est un fils de nouveau-né qu’il n’a pu
rencontrer qu’au parloir et une décision du juge des libertés rendue contre toute légalité sans que ses profs, parents
et amis puissent assister à l’audience.

Cet été, ce sont des expulsions collectives par charters européens, que Sarkozy a fièrement mis au point avec ses
collègues du G5, et dont le premier est parti, chargé de déboutés du droit d’asile vers un pays en guerre, l’Afghanistan.

Cet été, c’est l’intimidation de militants antiracistes, comme Nicole MUSSLE, mise en garde-à-vue à Metz pour
avoir voulu s’enquérir de la situation d’une mère de famille arrêtée. Au délit de solidarité, s’ajoute désormais le délit
d’information : la journaliste de Radio France Bleue Auxerre, Bluette DUPIN est perquisitionnée à son domicile après
avoir réalisé un sujet sur Madame MAKOMBO et ses quatre enfants.

On peut légitimement s’interroger sur le but réel de cette chasse aux sans-papiers et de son coût social et
humain. Chacun sait qu’elle sera totalement inefficace à résoudre la question des sans-papiers. Même avec des
œillères policières, si le nombre des sans-papiers s’établit officiellement entre 200 000 et 400 000, c’est dix à vingt
ans qui seraient nécessaires à raison de 25 000 expulsions annuelles. Sans compter les nouveaux entrants ni le
nombre considérable de ceux qui tomberont dans l’irrégularité à cause des lois restrictives, notamment les jeunes
parvenus à la majorité. Si l’Espagne vient de régulariser près de 700 000 sans-papiers, qu’est qui empêche le
gouvernement d’en régulariser 400 000 ?

C’est que, si la chasse aux sans-papiers est totalement inefficace à résoudre la question, elle est en revanche
terriblement efficace pour précariser des familles entières, pour forcer une catégorie de travailleurs à longer les
murs et à rester la proie docile de patrons véreux. La vulnérabilité des sans-papiers contribue à la mise en concurrence
des salariés, tout comme le Contrat nouvelle embauche. Cette politique est efficace pour étendre, au-delà des sanspapiers,
la remise en cause des droits et libertés de tous.

Avec l’ambition présidentielle qui dévore Sarkozy, il y a fort à parier que toutes les ignominies seront bonnes pour
atteindre l’objectif des 25 000 expulsions annuelles. Sa crédibilité est à ce prix. Sa réaction, après les incendies qui
ont révélé les graves discriminations au logement, est symptomatique. Il a aussitôt fait porter les responsabilités du
gouvernement sur les victimes et les sans-papiers, alors que les familles africaines qui résidaient dans l’immeuble
rue Vincent Auriol avaient un titre de séjour. Puis il a établi un plan de rafles dans les squats et immeubles vétustes.
Des enfants du 19ème arrondissement de Paris n’ont pu faire leur rentrée. La place des Africains victimes des
discriminations au logement est à la rue... ou dans l’avion.

Désolés pour le plan de carrière de Sarkozy, ses charters, son karcher, sa démagogie. En cette rentrée, nous
restons déterminés à empêcher pied à pied les expulsions des élèves étrangers et de leurs familles, à tenir toute
notre place dans la lutte pour la régularisation de tous les sans-papiers. Il en va du respect des Droits de l’Homme,
de l’avenir des libertés publiques, de la démocratie.

Réseau Education Sans Frontières (12 septembre 2005)


Le dossier de presse complet :

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Dossier presse RESF sept 2005

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