Journée du 12 mars 2004 : un bon début de mobilisation.

mardi 30 mars 2004

5000 manifestants de l’Education Nationale et de la Recherche le 12 mars 2004 dans les rues de Lyon réunis contre la précarité, pour l’emploi et le recrutement. C’est un chiffre satisfaisant, si l’on tient compte du caractère peu mobilisateur d’un appel d’une journée, surtout lorsqu’il est décidé à Paris dans le cénacle des organisations majoritaires. Satisfaisant aussi, compte tenu de l’épuisement psychologique (et parfois financier) de nos collègues les plus enclins à la mobilisation, suite à la claque magistrale du printemps dernier. Humiliés, bafoués au printemps 2003, les personnels de l’Education Nationale redressent la tête au printemps 2004 pour dénoncer les nouveaux coups portés à leur Service Public : baisse vertigineuse des recrutements (-30% de baisse en moyennes aux CAPES et Agrégations), précarisation accrue (la « stabilisation » des TZR, présentée par le Rectorat comme un progrès, va se traduire par un recours plus fort aux personnels précaires pour les remplacements), et dans un horizon proche, casse du Service Public en général, démantèlement de la Sécurité Sociale.

Interprofessionnalisation et union syndicale :

En tête du cortège, 700 chercheurs d’établissements publics, réunis sous la banderole du collectif « Sauvons la Recherche », et par leur présence le désir latent d’interprofessionnalisation de la lutte s’exprimait déjà, comme par celle des chercheurs d’une entreprise, qui dessinait déjà la possibilité d’une convergence entre secteur public et secteur privé. Venus manifester aussi, des collègues précaires, timides pour certains, mais présents parce qu’ils ont pu voir la solidarité des titulaires à leur égard. Tout au long du défilé, les drapeaux et les tracts de Sud-Education et de Sud-Recherche signifiaient la volonté de nos syndicats de participer à la convergence des luttes (que Sud-Education aurait aimée plus large encore ce jour-là, par l’association des secteurs de la Culture) et à l’union syndicale départementale (Sud était signataire de l’appel commun pour cette journée).


Une Assemblée Générale prometteuse :

Les syndicats Sud-Education, CNT et PAS appelaient à une Assemblée Générale des grévistes, qui a réuni 150 personnes à la Bourse du Travail, à l’issue de la manifestation. La CGT, qui n’appelait pas à cette AG (pas plus que les autres organisations syndicales, manquant à leurs devoirs de base) a cependant contribué au débat et tenu à figurer parmi les signataires des motions votées ce jour-là. Après un point sur les intitiatives locales et les AG de secteurs du matin, la discussion a débouché sur un thème qui n’a même pas été discuté, tant il tombait sous le sens : la nécessité de faire converger les luttes dans l’ensemble de la fonction publique, et de mobiliser aussi le secteur privé, autour de trois thèmes jugés fédérateurs : services publics, sécurité sociale et précarité. Voici la motion votée ce jour-là :

« L’assemblée générale des personnels grévistes de l’éducation nationale et de la recherche, réunis le 12 mars à la bourse du travail de Lyon, et soutenus par les syndicats CGT, CNT, PAS et SUD, considère que cette journée de grève est une nouvelle étape de remobilisation après le mouvement du printemps dernier, face au rouleau compresseur libéral qui poursuit ses attaques sur l’éducation et les services publics en général. Néanmoins, cette journée ne doit pas s’inscrire dans une nouvelle ronde de grèves de 24 h, mais doit préparer une véritable remobilisation dans un cadre interprofessionnel (et au minimum, dans l’ensemble des services publics).

Pour cela, l’assemblée générale des grévistes s’adresse à tous les syndicats, à toutes les unions départementales, à toutes les personnes, afin qu’une mobilisation interprofessionnelle construise au plus vite le rapport de force nécessaire sur les sujets qui nous concernent tous : défense des services publics, lutte contre la casse de la sécurité sociale, et lutte contre la précarité.

Afin de travailler à la mise en place d’actions interprofessionnelles locales, l’assemblée générale invite toutes les personnes intéressées à une réunion

Mercredi 31 mars à 18 heures à la Bourse du Travail de Lyon

Motion adoptée par 143 voix pour, 6 abstentions, 0 contre »

En marge de la manifestation :

Lors de la manifestation, un étudiant en sociologie de 20 ans, aide-éducateur, a sorti un feutre, afin d’inscrire "NO PUB" sur une affiche sexiste. Il a été arrêté par la Brigade Anti Criminalité, de manière particulièrement musclée. Une militante de SUD a fait des photos éloquentes (manifestant maintenu à terre, traîné dans une voiture...). Une délégation de SUD s’est rendue à l’hôtel de police. Une petite manifestation rassemblait les amis du manifestant, le collectif lyonnais d’action, d’information et de réflexion, et deux trois militants PAS et CNT. Nous avons essayé de parlementer avec les RG. Le "dangereux terroriste" a été relâché en fin d’après-midi, peu après notre départ. Cet incident n’est pas une anecdote : il nous rappelle le délire sécuritaire du gouvernement actuel, le mélange des genres et la banalisation des actes policiers qu’il favorise. Il nous montre comment la police construit de toutes pièces un acte délinquant, et comment la vraie insécurité n’est pas celle dont on fait semblant de débattre lors des campagnes électorales, mais celle qui s’exerce sur les citoyens dans un état policier.

Perspectives de luttes :

Les dates :
31 mars, l’intersyndicale de lutte contre la précarité (CGT, CNT, PAS, Sud-Education) se réunit pour la création d’un collectif de lutte de précaires. 14 h à la Bourse du Travail.
31 mars, réunion pour la mise en place d’actions interprofessionnelles locales. 18h à la Bourse du Travail.


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